Item : Lieux de pêche de Charles Cormier

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Général

Description

Charles Cormier explique les noms de différents lieux de pêche. Il y avait des marques pour repérer les bons lieux de pêche au poisson. Pour le homard, il n'y avait pas de repères. Il ne partait jamais seul à la pêche, d'autant qu'il n'y avait pas de moteur sur les bateaux. Le meilleur moment de la journée pour pêcher était le matin ou le soir. Les lieux de pêche appartenaient à tout le monde et personne ne pouvait réserver.

Personnes

Enquêteurs
Mark Cormier
Informateurs
Charles Cormier

Indications géographiques et culturelles

Lieux
Cap Saint-Georges
Langues
Français de Terre-Neuve
Contexte d'enregistrement
Chez l'habitant

Données d'archivage

Cote
MFLA_COR_0001_0002_001
Cote de l'item dans l'institution partenaire
C2600-01
Remarques concernant les données d'archivage
- Document déposé au Centre scolaire et communautaire Sainte La Grand Terre, octobre 2010 par Ronald Labelle. - Inventaire et transcription par Steeve Ferron.

Données techniques

Durée estimée
00:07:21

Médias associés

Description

Genres

Domaine(s)
Témoignage

Texte/Paroles

Paroles

Légende :

Italique : dit par l'enquêteur·trice(s) et/ou ajouts/commentaires de l'analyste
Normal : dit par l'informateur·trice(s)

C.C.- J’ai commencé à pêcher j’avais neuf ans, parce que moi… mon défunt père… Ça fait qu’eux avaient des fonds de pêche. Ils aviont des noms pour ça. Ils aviont « dans le creux de la chaîne », en face ici. Ils aviont la maison à défunt Adolphe au ras une marque, par une pointe qu’il y avait dans le cap. Et de là, ils en aviont un autre au large du bout du cap, là-bas, le « grand fond ». Ils aviont la maison à Joe à Nic au Degras, là-bas, par la plaine brûlée. Quand que tu découvrais la maison, à découvrir l’Île Rouge, tu étais juste sur la marque du « grand fond ». Ça fait, de là, ils en aviont un autre sur le « grand plaquet », qu’ils appeliont. Sur le « grand plaquet », tu allais à découvrir le cap carré, par le bout du cap, puis la « chaîne à feyo », par l’anse du cap. Tu tapais tout juste. Il y avait dix-huit brasses d’eau sur la tête et si tu mouillais, il y a une longueur de doris de distance de la longueur du moyac puis du doris, il y avait trente-cinq brasses d’eau. Ça coupait droit carré. Asteure, sur le « grand fond », il y avait quarante-cinq brasses d’eau. C’était creux, dans le creux. Et sur la « chaîne », là, il y avait rien que comme dix-huit brasses d’eau dans la tombée de la chaîne.

M.C.- Sur le fond, c’est tu rocheux, ça ?

C.C.- Le fond, c’était rocheux, ça. Partout – le « grand fond », la « chaîne », le « plaquet » – c’était tout rocheux, ça. Asteure, sur le bord d’en dehors, sur Saint-Martin, ça, c’était des fonds de vase, et puis sur Greenland, là-bas. Greenland est comme trois miles au large. Saint-Martin est comme deux miles, lui, je pense. Ils aviont tous ces fonds de pêche-là pour des marques. Ils aviont tous des marques pour ça. J’allions à découvrir Green Head, par le Cap Mailheul, pour les marques du Greenland. Et de là, ici, en face ici, pour tendre des trawls dans le creux – parce qu’il y a dix-huit brasses d’eau puis là tu tombes à trente-cinq brasses d’eau ; c’est comme un cap –bien, j’avions la maison à Joe à Nic. Je mettions ça par la Pointe-à-Luc. Il y avait des maisons dans la Pointe-à-Luc, là, puis je mettions ça avec le Degras, en bas, puis je tombais juste dans le creux. Fait que tu tendais tes trawls à suivre la tombée du creux tout le long. C’est ça les marques que j’avions, nous autres.

M.C.- Asteure, pour le homard puis ça, il y avait tu des marques pour ça aussi ?

C.C.- Non, pas le homard, non. Non, tu cherchais les fonds pour ça. Un nageait puis l’autre regardait. Puis si qu’il trouvait une place pour mettre un pot, bien, tu tendais. Tous des gros cailloux ; il n’y a pas de sable ici à nulle part. C’est tous des chaînes et des gros cailloux.

M.C.- Asteure, quand tu arrivais à la place pour pêcher, comment tu tenais le doris là pour pas dériver? Y avait-il un autre gars à bord du bateau avec toi ?

C.C.- Oui. Oui. Il y en avait un qui nageait, un qui tenait le bateau puis l’autre halait, lui.

M.C.- Il n’y avait jamais un gars seul sur le bateau ?

C.C.- Non, non. Pas nous autres, non. Je pêchions tous à l’aviron ce temps-là. Asteure, ils avont les [?] motors, là, asteure. Mais dans ce temps-là, c’était tout à l’aviron. Il y en avait un qui nageait tout le temps puis l’autre halait, lui.

M.C.- Y avait-il une sorte de temps de la journée que c’était la place pour pêcher, c’était le meilleur des autres temps de la journée ?

C.C.- Oh, oui, le matin, le matin puis le soir, hein. Tu te levais vers deux ou trois heures du matin puis tu allais au large. Bien, quand même tu allais peut-être prendre 2-3 morues avant le jour puis quand que le jour se cassait, bien, c’est là que la morue mordait ; du soleil… du jour à aller au soleil levé. C’était le meilleur de la pêche.

M.C.- Y en avait-il de meilleures que d’autres, asteure, des places pour pêcher ?

C.C.- Bien, ça dépendait. Des fois, tu aurais été sur les « plaquets », tu aurais pris une charge de morues. Des fois, tu aurais été là, il y avait trop de courant ; tu ne pouvais pas pêcher. Tu sais, c’est pareil comme le « plaquet », hein. Mais sur le Greenland, là-bas, là, tu pouvais aller là puis tu pouvais pêcher n’importe quand que c’est. Il n’y avait jamais de courant pour drainer. Non, il y avait rien qu’une moyenne pente dans l’année, c’est tout. Il y avait de la belle pla… Il y avait de la morue dans ce temps-là, plus qu’il y en a asteure. J’ai vu, moi, mon défunt père faire trois tours là-bas, sur Greenland, après la Toussaint ça, puis prendre vingt-deux quintaux de morues. Oui, trois charges, j’avons fait.

M.C.- Asteure, pour ça, les marques de ça, qui qui a montré ça ?

C.C.- Mon défunt père.

M.C.- Et comment qu’il a fait ça ?

C.C.- Eux, ils avont fait ça, ils alliont au large, hein, puis s’ils trouviont une place qu’il y avait de la morue, bien, avant de partir pour venir à terre, ils preniont les marques, hein, pour quand qu’ils auriont retourné back, ils alliont mouiller sur ces fonds-là. C’est comme ça qu’ils aisiont ça, eux. N’importe où c’est qu’ils auriont été en pêche. Avant qu’ils alliont lever, s’ils aviont pris de la morue, ils auriont regardé à la côte [pour] prendre des marques. Puis c’est comme ça que ça venu que tous les fonds aviont tous un nom, hein.

M.C.- Oui. Asteure, y avait-il une place rien qu’un gars seul pêchait puis les autres pêchaient dans cette place-là ?

C.C.- Oh, non! Non, non, non, non. Moi, j’aurais été allé un matin pêcher, j’aurais pris une « doriée » de morues, mais […] eux autour auriont pas pris de morues, le lendemain matin, si je n’étais pas à là à temps, il y avait quelqu’un là qui avait ma place. Non, non, il n’y avait pas de fond de réservé, non.

M.C.- Et y avait-il comme des petites chansons pour trouver la place? Y avait-il des petites rhymes […] ?

C.C.- Moi, j’en ai jamais entendues.

M.C.- Non ?

C.C.- Non. Il y en avait peut-être, mais moi j’en ai jamais entendues, non.

M.C.- C’est-il toutes les places qu’il y avait pour pêcher, ça ?

C.C.- Oui, c’est toutes les places. Il y a rien que ces places-là qui avaient des noms, hein. Mais il y avait des places en masses tu mouillais partout, ici et là, mais… C’est pareil comme l’Île Rouge, hein ; l’Île Rouge, ils alliont pêcher là, bien, ils aviont rien qu’un nom pour un endroit : « picasse », qu’ils appeliont, dans l’Ouest de l’île. Il y avait trente-cinq brasses d’eau là. C’était un des meilleurs fonds qu’il y avait de pêche là.

M.C.- Asteure, vous avez pêché à la Grand’ Anse, là ?

C.C.- Oui, j’ai pêché à la Grand’ Anse, j’ai pêché au Caillou Percé, j’ai pêché à l’Île Rouge.

M.C.- Oui, y a-t-il des places là que tu avais nommées ?

C.C.- Non, j’ai pêché à la Grand’ Terre. Non… Je pêchions au large du Cap Mailheul, du Cap Goéland, là, partout là-dedans, sur « picasse » – dans l’Ouest de l’île – puis dans le Nord de l’île.

M.C.- Asteure, le fond, là, c’est-il rocheux là aussi ?

C.C.- Ah non. Non, c’est un fond de vase dans le Nord de l’île, à un endroit. Oui… Non, l’Île Rouge, tout le bord du large de l’île, quand que tu arrives comme un demi-mile au large, c’est tout de la vase. Oui… C’est rien que de là à venir à la terre, c’est des gros cailloux. Asteure, la Grand’ Anse pareil, tu prends du Cap Carré pour le Caillou Percé, c’est rien qu’un fond de sable et de vase, là, tout le long. C’est rien qu’au ras la côte qu’il y a quelque chose, des gros cailloux.

Voix/Instruments