Item : Travail des femmes et vie au village pendant la guerre 1914-1918
Général
- Titre
- Travail des femmes et vie au village pendant la guerre 1914-1918
- Traduction(s) titre(s)
- A propos de la guerre 1914-18, les femmes seules pour travailler puis celles dont le mari a été tué, elles se sont remariées après la guerre où les gens n’ont pas très compris la raison
- Description
Mme Déméocq évoque la vie à l’arrière pendant la première guerre mondiale : le travail des femmes, les décès des maris à la guerre, le déclenchement de la guerre,… Suite de la discussion de l’enquête commencée sur la bande GDC 00089
Personnes
- Enquêteurs
- Pierre Morin
- Informateurs
- Marie Déméocq
Indications géographiques et culturelles
- Langues
- Français du Poitou
- Contexte d'enregistrement
- Chez l'habitant
Données d'archivage
- Cote
- UPOI_GDC_0010_0008_009
- Cote de l'item dans l'institution partenaire
- GDC 0091a piste 1 – item 001
Données techniques
- Durée estimée
- 00:06:10
Médias associés
Description
Genres
- Domaine(s)
- Témoignage
Texte/Paroles
- Paroles
Légende :
Italique : dit par l'enquêteur·trice(s) et/ou ajouts/commentaires de l'analyste
Normal : dit par l'informateur·trice(s)- C’étaient les femmes qui faisaient tous les travaux, alors ?
- I fallait bien quand y avait pas d’homme à la maison. Moi, j’avais mon mari, comprenez-vous, i travaillait pas beaucoup mais i me mettait le travail dans la main.
- Y avait des femmes qui étaient toutes seules ?
- Toutes seules, il en manquait pas.
- Les gens se réunissaient peu alors ?
- Non, j’ai connu les deux belles e z’arrivaient ensemble…. E travaillaient comme des hommes, é taillaient la vigne. N’importe quoi, rien ne les rebutait, é faisaient ça comme des hommes. Moi je ne l’aurais pas fait.
- Alors, y avait pas d’assemblée ?
- Vous pensez bien !
- Et lorsqu’il y avait un homme du village qui était tué ?
- On en pensait pas moins…
- Y avait un enterrement ?
- Ah bê non ! i restaient sur place, on ne les revoyait pas.
- Qui c’est qui annonçait la nouvelle, alors ?
- Je sais pas, ça venait peut-être de la gendarmerie, chez le maire.
- Et pour les gens du village, c’était terrible ?
- Vous pensez…. Oh la la ! Toutes ces pauvres femmes qui sont restées toutes seules.
- Y en avait beaucoup qui sont restées toutes seules ?
- Ah bê forcément ! Toutes celles de mon âge, et même plus jeunes, qu’étaient rien que mariées. Vous pensez bien que les hommes étaient pas vieux non plus. I z’étaient soldats tous pour ainsi dire. Regarde don la la mère Marie (Note de P. Morin : Marie Touillet épouse de Israël Pain, son deuxième époux) Elle est restée toute seule. Son beau-père est venu vivre avec elle.
- Beaucoup se sont remariées après ?
- Oh oui, beaucoup ! beaucoup. Je crois qu’il en est resté autrement.
- C’était comme un fléau ?
- Oh oui !
- Est-ce que vous senti après la guerre une amélioration à tous les niveaux ?
- Bê, je ne sais comment allaient les affaires. Je me laissais aller à mon mari. Seulement, on était tranquilles.
- Oui, mais après la guerre, est ce que vous avez senti une amélioration technique, des progrès ?
- Je ne me rappelle pas
- Il a fallu cultiver comme avant ?
- Oui… Parle de quelqu’un qui doit aller faire la guerre et les petites se sont mises à pleurer.
- Ça a du vider le village tout de même ?
- Ah , moyen ! Y avait pas beaucoup d’hommes de rester. Y a que ceux qui pouvaient pas être soldat, quoi ! Seulement, on était bien contents d’avoir les anciens parce qu’i z’avaient des moyens qu’on avait pas. Ah mon dieu !… Y en avait un de Monts (de Cuhon), il était parti en Allemagne i les emmenaient pour travailler…
- Pendant la guerre 1945 ?
- Oui, je pense… Eh bê il a descendu du chemin de fer comme les autres, pi après on l’a jamais revu…. De Monts
- Il est parti en Allemagne, il est jamais revenu ?
- Non, jamais. Y en d’autres qui se sont rendus. I se sont pas quittés pour ainsi dire…
- Comme travailleur ?
- Oui ! …. Les Allemands sont comme les Français, i z’aiment mieux la paix que la guerre.
- Qui c’est qui voulait la guerre en 14-18 alors ?
- C’était une affaire politique… Un an auparavant il en était question de la guerre. Mais on n’a pas bougé.
- C’était à cause de quoi ? Oh bê vous pensez, moi…. (rire)