Item : Chauffe du four : techniques pour chauffer le four et aliments

.

Général

Titre
Chauffe du four : techniques pour chauffer le four et aliments
Enquête
Témoignages autour d'un four en fonctionnement, avec M. et Mme Huet - Ibeil 1975 [FR]
Description

M. Huet se sert du four pour montrer ce qu'il est possible d'y faire cuire tout en prenant le temps de bien expliquer la technique et les étapes à suivre afin d'obtenir un four bien chaud. Deux photographies se trouvent dans les transcriptions fournies par Pierre Morin.

Indications géographiques et culturelles

Lieux
Ibeil
Langues
Français
Contexte d'enregistrement
Chez l'habitant

Données d'archivage

Cote
UPOI_GDC_0008_0008_001
Cote de l'item dans l'institution partenaire
GDC00041a piste1 - item 005

Données techniques

Durée estimée
00:15:23

Médias associés

Description

Genres

Domaine(s)
Témoignage

Texte/Paroles

Paroles

Légende :

Italique : dit par l'enquêteur.trice(s) et/ou ajouts/commentaires de l'analyste
Normal : dit par l'informateur.trice(s)

Aujourd'hui le 18/05/75, nous allons faire marcher le four chez Léa à Ibeil.

  • On appelle ça un chat

  • Un chat, c’est ça ! je savais pas le nom mais je savais l’utilité.

  • On met ça au bout du truc…RIRES.
    (M. Huet travaille. On entend la caméra, des jeunes discutent)

  • C’est vachement bien fait… ça prend pas vite !

  • …Faut le temps hein !

  • Comment ça s’appelle cette opération, y avait une opération patoise ?

  • Chauffer le four. Dans toutes les maisons.
    (Discussions entre participants.)

Ça tire… Quand c’est chaud…. Mais c’est pas pris, vous allez voir quand ça va être le 2e fagot pi le 3e fagot. Oh ça c’est épatant le four. J’ai fait cuire dernièrement de la viande de deux noces. Chez Moinard là…

  • Comment ça s’appelle ça ?

  • Je ne peux pas te le dire, chauffer, activer le feu.

  • Vous ne donnez pas un nom là au bout de bois que vous utilisez ?

  • On appelle ça un frgon. Je ne sais pas si on peut dire un frgon, je ne sais pas ce que c’est (voulant dire qu’il ne connaît pas le terme français).

  • un ?

  • Un bout de bois pour brasser, on appelle ça un frgon, … je ne l’ai jamais appris en français moi toujours..

  • C’est en quel bois ?

  • Hof, le premier bout de bois qu’on trouve dans les bois… C’est en chêne autant que possible. Autant que possible parce que si vous mettez du bois blanc, en même temps qu’il est chaud (le four) TOC … Tandis que si c’est du chêne eh ben ça dure quelques années. Quand on chauffe dix fois, ben si ça raccourcit de 10 cm, 20 cm, vous allez dans le bois vous en coupez une autre. C’est économique vous savez. Faut pas croire qu’on achète des bois un peu spécial, oh non… ça va prendre, vous allez voir, va y avoir de la grande odeur…

(on entend la voix et le rire d’Alain Meunier)

J’ai vu que mes parents - moi je le fais jamais – mes parents quand on chauffait le four comme ça, on avait du levain parce que alors on faisait du pain ; ma femme a boulangé pendant la guerre, en 39. J’étais pas là moi, mais elle a boulangé, elle a fait du pain.
Alors on avait de la pâte, on mettait une tuile comme ça dans le four ou deux, quand elle était bien chaude, on étendait un petit peu de pâte dessus, mais pas épais quoi, un demi cm. Pi on mangeait ça avec du vin on appelait ça du mijhéï

  • Ah c’est ce que vous appeliez le mijhéï ? (dit Liliane Roy)

  • Actuellement le mijhéï c’est du vin rouge avec du pain quoi. Alors ça, c’était de la pâte chaude; avec du levain, ça collait pas à la tuile. Quand c’était pas cuit d’un côté, on l’enlevait de dessus, tu renversais la tuile, tu posais ça (la pâte) en dedans et en avant. En 5 minutes c’était fait. En chauffant le four on avait de quoi se rassasier pour manger  un bout, un mijhéï, en réchauffant le four ; une habitude de paysans.

  • En chauffant, on mangeait le mijhéï.

  • Et voilà, alors là ça commence à chauffer (au sujet du feu qui commence à bien prendre dans le four d’ailleurs, on l’entend qui brasse son bois enflammé dans le four).

  • Faudrait en avoir une de bonne sur les trois. Y en a. Trois je crois ? (parlent certainement du nombre de tartes à cuire

  • C’est pas grand-chose.

  • Ça vaut pas le coup que vous éteignez tout.

  • Oh non, ya pas d’importance ! Je ne sais pas si y en aura une de bonne ! Des tartes je te parle. Si y en avait pour aller au fond

  • Ah bé tu penses que j’ai le temps avec le bazar qu’y a chez nous. Combien vous en avez fait vous ? Trois, deux grosses et une petite. (Pendant que les filles continuent de discuter sur les tartes à cuire)

  • Parce que vous allez voir le four lorsqu’il est chaud en dedans ; actuellement, il est aussi noir que ça, mais quand il est chaud, il devient blanc. Il change de couleur.

  • Il faut attendre qu’il soit blanc ?

  • Y en a pour un moment.

  • Vous direz quand vous serez prêt à mettre le fagot !

  • Oui…. Lorsqu’il est mouillé…

  • Y a de la condensation qui se forme dedans.

  • Non, c’est de la chaleur

  • Ah, c’est terrible. (dit Pierrot en filmant)

  • Bon ! Je vais mettre le fagot !

  • (Pierrot se remet à filmer). Je retourne là-bas (à la caméra).

  • Alors faut toujours nettoyer le dessous du four, parce que la chaleur, la cuisson vient autant du dessous que du dessus.

  • Ah ! Il faut nettoyer le dessous là ?

  • Faut que j’attrape ce fil de fer……Moi, cette saloperie là, ça ne convient pas ! (en parlant du bois qu’il utilise) ça fait des petits rondins de machin, de charbon, pi c’est assez dangereux.

  • Ah bon !

  • Ah oui, ça ne convient pas si bien que le bois de vigne. Le bois de vigne, ça braise pi ça chauffe quand même. Pi après le degré de chaleur il est trop gros, trop élevé.

  • Il faut mettre de préférence du petit bois, quoi ?

  • Ah, du petit bois, quelque chose pour faire de la flamme….. Y en a pour 10 min. On va le laisser bien flamber.

Voix/Instruments